Nos Parutions OURANOS ou les trois fonctions de la religion dans l’État

OURANOS ou les trois fonctions de la religion dans l’État

De Jean Monod, anthropologue.
L’ouvrage remet en place les relations entre pouvoir armé, propagande et domination des masses, les fondements mythiques depuis Sumer, leurs développements historiques, leurs rôles respectifs dans l'exploitation de la main d’œuvre et dans l’accaparement des terres, des biens et des ressources.

Couverture Éclipses

Parution le 28 septembre 2015

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Jean Monod par Diane Baratier - OURANOS en une Phrase

Entrée :

À

quoi sert la religion ? Quel est son rapport avec la spiritualité ? La différence entre les deux est-elle que l’une n’existe que dans un État et l’autre ne peut s’épanouir qu’en liberté ?

Il existe toutes sortes de religions. Polythéismes, dualismes, monothéismes, c’est en général par le nombre de leurs dieux qu’on les différencie. Quand il n’y en a qu’un, on sait à quoi s’en tenir ; mais quand il y en a plusieurs, où s’arrêter ? La notion de dieu se perd dans une conception de la sacralité étendue à toutes les choses visibles et invisibles de l’univers. C’est une conception qui semble convenir aux sociétés non étatisées, où l’esprit jouit de toute sa liberté. Les États en revanche ont une préférence marquée pour le monothéisme et/ou le polythéisme hiérarchisé.

Dans un État, la religion a trois fonctions :

– la sacralisation du pouvoir ;
– l’aliénation des consciences ;
– la mythification du réel et de l’histoire.

Vue à travers ces trois fonctions, la religion apparaît comme au service de l’État.

L’État, si l’on en croit les auteurs classiques, connaîtrait trois types de régimes politiques, ou formes de gouvernement : la monarchie, l’oligarchie, la démocratie.

 

Sortie :

I

l ne sert à rien de démonter un mensonge théologique si ce n’est pour montrer comment il s’est converti en technologie du mensonge.

En feignant de nous relier à l’absolu, c’est à l’État que la religion nous a aliénés.

Cependant, on entend de plus en plus dire que les États, après Dieu, sont morts, et que l’économie est la nouvelle religion.

Double erreur.

Puisqu’il s’agit de religion, simplifions. C’est quand même moins compliqué que la politique.

La religion, c’est de croire en un Dieu bon. L’économie, c’est la guerre. Il n’est pas vrai que la liberté de commercer soit répartie universellement de façon égalitaire. Guerre et commerce sont les deux faces de la même prise de pouvoir sur la vie des gens. Le Dieu bon auquel on croit, c’est l’État « qui nous protège » des méchants. La religion, c’est de croire que l’État est bon et qu’il nous protège – contre nous-mêmes !

La preuve qu’une majorité y croit est reconduite d’élection en élection.

La preuve qu’une majorité veut l’État, c’est qu’à la seule idée de sa disparition, la plupart des gens éprouvent la peur du vide. C’est la même peur que celle d’un monde sans Dieu jusqu’à la Révolution.

Dans le transfert des fonctions de la religion à l’État sans religion, l’État est devenu l’Un au-delà duquel il semble qu’il n’y ait rien. C’est lui que le peuple voit à la place de soi quand il se regarde dans le miroir de la politique. Par le jeu de cette politique il se raconte une histoire qui n’est pas celle de sa lutte pour reprendre le pouvoir sur lui-même, mais la théâtralisation de sa mystification. L’État peut y vérifier l’efficacité de son dispositif aliénant : substituer à la diversité réelle du peuple une multiplicité factice, celle des partis facteurs de division paralysante.

C’est la mathématique de la religion réinvestie dans la politique.

Ouranos est une introduction à cette mathématique. Cronos, qui lui fera suite, en décortiquera le fonctionnement.

Il faut trois choses pour faire une religion :

– un objet de croyance : on l’appelle Dieu, d’autres y ajoutent le diable : c’est la béquille du monothéisme.
– des gens qui y croient : des croyants qui peuvent devenir des dévots ou des fanatiques.
– et, entre les deux, des gens qui y font croire : un clergé, une église, des chapelles, des sectes.

Aujourd’hui les États du monde, unis dans une même complicité de fait, sous des conflits de façade, sont le clergé d’un dieu qui n’est pas nommé explicitement, dont les citoyens-consommateurs sont les dévots, aveuglément.

Ce dieu innommé est-il l’Argent ? Est-ce le Pouvoir ? Est-ce la Technologie ? Est-ce la Science à laquelle « il faut croire », comme l’a dit un de nos ministres ? Dans cette incertitude se tient son immatérialité, sa mystérieuse sacralité (à deux faces, comme il sied à tout théâtre : on peut la brocarder, cela fait passer sa sacralité), d’autant qu’il y a de l’invisibilité dans tout pouvoir, que la science est sous secret-défense et que personne ne sait au juste comment fonctionne l’argent. C’est, à vrai dire, un grand miracle, qui serait moins constant sans le soutien d’armées très puissantes – aussi invisibles dans le quotidien publicitaire, le mirage urbain et la consommation déculturante, que présentes sur le théâtre d’opérations moins « ravissantes ».

Économie et État forment un couple pervers. Ce couple n’existerait pas sans une masse vivante (dont l’humanité est la part responsable) qui est à la fois sa caution et sa victime.

L’économie partout brandie comme raison supérieure à celle des États est un leurre. L’économie a besoin des États comme écrans, gendarmes et légitimateurs, autant que les États ont besoin des profits de l’économie et de ses déprédations.

Leurs dévastations conjuguées ont nivelé le réel. Elles ont changé la conscience que nous en avons. Mais ce n’est pas l’économie qui est une religion, c’est la soumission à une force qui se prétend fondée sur le seul ordre possible au monde.

Le choix de l’État est l’inconscient de ceux qui se soumettent.

Il ne tient que par cette soumission. Il ne tient que tant que nous le sacralisons, tant que nous souscrivons à l’insignifiance de nos consciences, tant que nous acceptons le monde des États industriels dévastateurs comme étant le seul réel…

Qui peut dire aujourd’hui « nous, le peuple » ? Gare aux nouveaux prêtres !

Gaia II

 Plan :

136

Entrée : L’urne d’Ouranos

Première partie : Donner un sens à l’histoire    
Pouvoir, conscience et monde
L’État comme « double »
Le nombre des religions est infini
    Bouddhisme
    Animisme
Histoire d’une conscience
Génie du polythéisme
Le chaos originel
Un problème de succession résolu
Le mythe hégémonique
La matrice sumérienne

Deuxième partie : Sacraliser le pouvoir
Les trois régimes
Religions et régimes
La mère-patrie
Prééminence de la « vertu »
Du polythéisme au monothéisme
Deux stratégies
De Dieu au peuple

Troisième partie : S’emparer de la conscience des hommes
L’État, structure de l’inconscient
Les Anunnaki et les Igigi
Extension de l’aliénation
Pouvoir de la représentation, du faux et de l’absurde
Points aveugles
Construction de l’absolutisme

Quatrième partie : Arithmétique des religions
Tripartisme
L’un en trois
Zoroastre
Mani
Dualisme et athéisme
Corps et âme
    Chamanisme
    Une séparation forcée
Gauche et droite
Compétitions monothéistes
Quand la terre est devenue ronde
Dualité

Cinquième partie : Pour en finir avec le culte de l’État
Les trois régimes ramenés à un seul
Les trois pouvoirs et l’État de droit
De l’État sans religion à la religion de l’État
L’État entre la conscience et le réel
De zéro à l’infini

Sortie : Du ciel au temps

 

Ce qu'en dit la presse :

La revue Ballast : http://www.revue-ballast.fr/cartouches-5/
Cartouches (5)
« Un livre est un fusil chargé dans la maison d'à côté. Brûlons-le. Déchargeons l'arme. Battonsen brèche l'esprit humain. » R. Bradbury, Fahrenheit 451 ☰ La Gauche c’est quand ?, de Marc Crépon Court mais vif et limpide, ce texte interroge l’abandon de la « mystique de gauche » par la gauche elle-mê…
revue-ballast.fr


Ouranos ou les trois fonctions de la religion dans l’État, de Jean Monod

« Si elle prend forme dans l’anthropologie des années 1970, la pensée de Jean Monod est aujourd’hui aux antipodes d’une réflexion qui se laisserait cantonner aux cloisonnements d’un genre universitaire. En lisant le présent livre, on se rend compte assez vite qu’on embarque dans le sillage d’une pensée au long cours, aussi rigoureuse qu’élargie, comme si le travail de la pensée consistait avant tout à interroger des connaissances laissées à l’abandon. Si Jean Monod se livre à une analyse de l’État, des idées et des mythes qui servent à en masquer les points aveugles et, plus encore, les tromperies conçues pour en masquer la violence, il a le courage d’élargir au maximum le spectre des connaissances historiques et d’affronter, sur quatre millénaires, le foisonnement des peuples et civilisations. Son analyse de l’État s’appuie donc autant sur l’histoire des Iroquois que des pharaons d’Égypte, des peuples sémites que des Sumériens qui développèrent ensemble la « civilisation étatique », 2 300 ans avant Jésus-Christ. Pourtant, le travail théorique reste clair, porté par une langue rigoureuse et belle, avançant par « éclats ». Les formes historiques prises par les États grecs et romains sont analysées parmi beaucoup d’autres pour mieux révéler ce mythe contemporain qu’est la démocratie : « Notre nouvelle "Mère à tous", la République, aurait restauré l’ancienne démocratie. » À partir de là, « voter est moins un acte démocratique qu’un rite de désistement sacrificiel », et « la croyance dans l’État protecteur est un fait de dévotion ». Autant de postulats inattendus ou même inédits qui ébranlent, à force de logique et de cohérence, cette part de croyance qu’on peut encore avoir pour le fait politique. Et un travail d’autant plus salutaire à l’heure où surgissent, en France comme en Europe, tant d’appels à sauver des Républiques qui seraient menacées. »
[Tiéri Briet]

 

 

 

OURANOS ou les trois fonctions de la religion dans l’État, de Jean Monod, collection Éclipses, 160 pages, format A5,
ISBN : 978-2-919539-08-6,
12,50 € (+2,50 € de frais d'expédition)

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